article paru le 03/04/2010 sur le site « La voix au féminin.fr » (auteur: Bérangère Flament)
» Parcours: Passionnée par la nature, Natacha Dorobisz a laissé sa carrière d’ingénieur pour créer un élevage de chèvres angora à Vertain.

Dans un coin de sa tête, Natacha Dorobisz s’était toujours dit qu’elle créerait un jour une activité en lien avec la nature. Après un tour du monde et de brillantes études en géologie, la jeune femme ne trouvait pas dans ses activités professionnelles ce lien avec la vie au grand air.
En suivant son ex-mari à Paris et en intégrant le Muséum national d’histoire naturelle, elle, l’ingénieur environnement, s’était dit que c’était son dernier essai de salariée pour trouver ce qu’elle recherchait. Essai non transformé, le travail était trop administratif. De retour à Vertain, le village du Cambrésis où elle a grandi, l’idée de créer son entreprise au grand air a germé.
Entre la proposition de son père de bénéficier de ses terres, un stage dans le secteur biologique et éthique sur la façon de «vivre et travailler autrement » et son envie d’ajouter à son activité une part de production, tout s’est rapidement mis en place. « C’est arrivé par hasard, avoue Natacha Dorobisz. Je suis partie en vacances près de Gap où j’ai visité une ferme pédagogique avec un élevage de chèvres angora que je découvrais. Je me suis rendue compte qu’il était possible d’en vivre. Sur Internet, je suis tombée sur un éleveur qui vendait ses chèvres. »
Celle qui est devenue productrice de mohair depuis janvier 2009 confie, dans un large sourire : « Ce n’est pas une bonne étoile que j’ai au-dessus de la tête, c’est une constellation ! » Il faut dire que l’ancien propriétaire des chèvres n’est autre que Georges Volta, ex-président de l’Association nationale des éleveurs de chèvres angora. « Il m’apprend le métier qui n’est pas une activité agricole classique. Il est devenu mon parrain professionnel » déclare la seule éleveuse du genre dans le département du Nord.
Si son activité est très prenante, la jeune femme est ravie de son choix de vie. « Pouvoir travailler deux ou trois heures par jour à l’extérieur et être en relation avec les clients grâce à la vente directe, c’est le bonheur ». Natacha « adore changer d’activité dix fois par jour ». Et elle n’hésite pas à s’en donner les moyens. Outre le soin qu’elle doit apporter à son cheptel, l’envoi de commandes de fils à tricoter, chaussettes, plaids et autres articles, la tenue de sa boutique, la gestion de son affaire et les salons, elle tond elle-même ses chèvres, trie le mohair avant de le faire transformer à Castres.
Elle a aussi en projet de créer son site Internet et souhaite accueillir du public. Ce qui ne saurait tarder. Ouf ! Heureusement la créatrice de l’enseigne Nat’Mohair (Nat, ça tombe bien, comme nature et Natacha) est bien entourée. « Le soutien de ma famille et de mes amis, ça aide beaucoup » confie la jeune femme. Et parce que le mohair sur lequel elle est intarissable est devenu une véritable passion pour Natacha Dorobisz, et que les aiguilles et les pelotes l’accompagnent depuis sa plus tendre enfance, sa première activité le matin au lever, et sa dernière avant de se coucher, est de le tricoter ! «
Nat’ Mohair, 200, rue Ponchaux. 59730 Vertain. Ouvert le mercredi de 14 h à 17 h et sur rendez-vous, tél. 06 76 25 48 43.
contact@natmohair.fr et www.natmohair.fr